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Anna Pavlova, La Sublime


"Ce que l'on veut est à moitié fait!" Ce célèbre proverbe russe définit à merveille l'incroyable caractère déterminé et généreux de la danseuse étoile Anna Pavlovna (Matveïevna) Pavlova.


Née en 1881 à Saint Pétersbourg dans une Russie mouvementée, suite au retour de l'autocratie après l'attentat contre le Tsar Alexandre II, elle grandit dans un milieu modeste, avec une mère blanchisseuse et un père inconnu.

C'est avec les économies de sa mère laborieusement gagnées, qu'elle assiste à son premier ballet "La Belle au Bois Dormant" au théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, chorégraphié par Marius Petita. Elle tombe en amour avec la danse classique et prend alors la décision de ne faire que danser jusqu'à la fin de sa vie.

Elle est acceptée à l'Ecole Impériale du Ballet, financée par le tsar Alexandre III, mais elle se sent à part des autres avec une maigreur apparente, loin des standards charpentés des danseuses de l'époque.Avec ses grands yeux ovales et son visage allongé, elle était prédisposée aux rôle romantiques que lui réservait le vieux chorégraphe français Marius Petita, auteur des "grands ballets", Le Lac des Cygnes, La Belle...Elle fascine lorsqu'elle danse, malgré quelques faiblesses techniques, elle déclenche alors la jalousie des "vedettes".


En 1905, le chorégaphe Michel Fokine crée pour elle le rôle La Mort du cygne, inspiré du Cygne, treizième mouvement du Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns. Son interprétation de ce solo de quelques minutes la fait véritablement entrer dans la légende ; Anna l’aurait interprété environ 4 000 fois. Elle avouera plus tard avoir été inspiré par la visite que lui avait rendue Isadora Duncan quelques mois auparavant.

En 1908, Anna Pavlova fonde sa propre compagnie et se lance dans des tournées internationales, interprétant principalement des oeuvres de Petita ou des pièces chorégraphiées pour elle. Elle-même chorégraphie quelques solos.

En 1909, l'imprésario Serge Diaghilev la veut « absolument » pour sa grande aventure des Ballets russes qui se produisaient à Paris. L'affiche la montre évanescente, sur la pointe, en long tutu… sa marque de fabrique. Elle accédait à la célébrité et devenait la « prima ballerina assoluta », « l'incomparable » du XXe siècle.

A partir de 1912, Anna s’installe en Angleterre, où elle vivra jusqu’à la fin de sa vie.

Elle aide au développement du ballet britannique. Anna se consacre également à organiser des spectacles de charité, en particulier en faveur des orphelins russes à Paris après la Première Guerre mondiale. Elle achète une maison à Saint-Cloud pour y installer quinze filles, et récolte les fonds pour leur éducation.


En 1931, elle tombe gravement malade et doit se faire opérer. Une intervention chirurgicale qui mettrait fin à sa carrière. Elle décide alors de la refuser "préférant mourir plutôt que de ne plus jamais danser..." Elle rejoint les étoiles le 23 janvier 1931.

Le soir de sa mort, à Saint-Pétersbourg, les violons de l'orchestre ont joué la musique de La Mort du cygne devant une scène vide, seulement éclairée par un projecteur.

Anna Pavlova aurait déclaré : « Je désire que mon message de beauté, de joie et de vie continue à être délivré après moi. J'espère que lorsque l'on aura oublié Anna Pavlova, le souvenir de sa danse restera dans le cœur des gens. Si je réussissais ne serait-ce que cela, je m'estimerais satisfaite. »


Selon Keith Money, un biographe d'Anna, la pavlova (dessert à base de meringue) fut créée par le chef d'un hôtel à Wellington en Nouvelle-Zélande en honneur de la danseuse, alors en tournée internationale.