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Yvette Chauviré, l’Étoile Prodigieuse…


« La danse est une forme de foi, une espérance…C’est une aspiration, le besoin d’atteindre un univers, une atmosphère, un état qui vous fait progresser, la recherche d’une vérité… »

Celle qui a inspirée le modèle Yvette, est une danseuse hors pair qui a marqué le XXème siècle par son élégance traditionnelle tout en étant rebelle. Considérée comme la plus grande ballerine du siècle dernier, Yvette Chauviré a porté la danse à un point culminant entre pureté, élégance et modestie du mouvement.

Élève de Boris Kniaseff et Victor Gsovsky dès l’âge de 10 ans, au sein de l’école de danse de l’Opéra de Paris, elle intègre le corps de ballet de la compagnie en 1934 sous la direction de Serge Lifar. Son premier rôle solo étant celui de l’Éventail de Jeanne, en 1929.

Elle devient danseuse étoile en 1941, à l’âge de 24 ans, après la représentation du ballet Ishtar.

Elle se distingue dans son rôle-titre de Giselle en 1949, sur la musique d’Adolphe Adam qu’elle a mis en scène pour la Scala de Milan mais aussi dans La Mort du Cygne, sur la partition de Camille Saint-Saëns.

En parallèle, elle continue de créer les chorégraphies avec son ancien professeur Boris Kniassef, créant ses ballets comme "La Légende du Bouleau" ou "Piccolo".

« Je voudrais transmettre le meilleur de moi-même aux nouvelles étoiles car c'est ça l'histoire du ballet, les rôles meurent et renaissent avec les danseurs qui les incarnent. »

Entre 1946 et 1947, elle suit son premier maître Serge Lifar jusqu'aux Ballets de Monte-Carlo et danse alors en tant qu'étoile.

De retour dans la capitale, elle joue en tant qu'actrice Donna Margherita au cinéma en 1954, dans Carosello napoletano, un film d’Ettore Giannini, Prix international du Festival de Cannes la même année, dont les chorégraphies sont signées par Léonide Massine.

Elle dit adieu à Serge Lifar à l’Opéra Garnier en 1956, et se produit entre autres à la Scala de Milan, et, quelques années plus tard, invitée par le Royal Ballet, elle danse avec Rudolf Noureev. À ce jour, elle est l'une des rares danseuses étoiles à avoir reçu le titre de Prima Ballerina Assoluta.

En 1973, elle quitte aussi la scène de l’Opéra en dansant son rôle fétiche, ainsi qu’une inoubliable interprétation de "La Mort du cygne". Pédagogue exceptionnelle, elle sait magnifiquement expliquer la dimension psychologique des rôles, tant féminins que masculins, et transmet son savoir aux jeunes étoiles de l'Opéra de Paris, comme Sylvie Guillem, Monique Loudières, Marie-Claude Pietragalla, Élisabeth Maurin, Isabelle Guérin ou Dominique Khalfouni.

En 1988, sort le film Une étoile pour l'exemple que le réalisateur Dominique Delouche lui consacre. En 1991, elle accepte de remonter sur scène et interprète le rôle-titre de Maude dans le ballet du chorégraphe suisse Etienne Frey, auquel Colin Higgins a accordé les droits de son œuvre Harold et Maude.

Auteur en 1960 de "Je suis ballerine", elle se raconte en 1998 à Gérard Mannoni dans "Yvette Chauviré : Autobiographie".

Grand Officier dans l’ordre de la Légion d’Honneur, Grand-Croix dans l’ordre national du mérite et Commandeur dans l’Ordre des Arts et des Lettres, elle fut l'épouse de Constantin Nepo, peintre et décorateur de ballets.

À l’occasion de son 80ème anniversaire, l’Opéra national de Paris lui a rendu un hommage officiel lors d’un gala et d’une exposition de photographies au Palais Garnier en 1998.

Yvette Chauviré est partie rejoindre les étoiles filantes le 19 octobre 2016, à l'âge de 99 ans.