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Loïe Fuller, le papillon avant-gardiste...


Symbole d’un profond rapprochement entre beaux-arts et arts décoratifs, Loïe Fuller incarne l’esprit de l’Art nouveau. Elle est notre inspiration pour notre jupe en tulle et mousseline de soie.

Parfois papillon, parfois femme-fleur, le spectateur peut laisser libre cours à son imagination lorsque la grande Loïe ondule ses longs voiles sur scène. Jeux de miroirs, de lumières et de spiritualité la jeune américaine révolutionne, par ses recherches avant-gardistes.

Créatrice d'une nouvelle esthétique, sans tutu, sans corset, sans ballerines, elle suscite l’admiration des milieux littéraires et artistiques et incarne au tournant du siècle l’éternel féminin.

C'est dès ses 16 ans que Loïe Fuller découvre sa passion pour la mise en scène et pour la danse burlesque. Lorsque qu'elle produit son premier spectacle, à New York, la grande jupe en voile est déjà mise en valeur lors de sa fameuse danse serpentine qui hypnotise le public.

Elle devient ensuite parisienne en intégrant les célèbres Folies Bergères, incarnant ainsi le symbole de l'utopie symboliste aux yeux des plus grands théoriciens de la scène moderne, les metteurs en scène, les photographes, les cinéastes et les scientifiques : parmi ses admirateurs figurent Mallarmé, Rodin, Toulouse-Lautrec, Carabin, Ellis, Taber, les frères Lumière, Marie et Pierre Curie, l’architecte Guimard et l’astronome Flammarion.

Elle participe à l'Exposition universelle de 1900 à Paris dans son propre « théâtre-musée ». À cette occasion, elle fait découvrir en France la troupe japonaise de Sada Yacco.

En 1901, elle instaure sa première compagnie. Elle accueille Isadora Duncan en 1902, qui l'éclipsera avec sa charmante souplesse légendaire.

Elle déposa un total de dix brevets et copyright, principalement reliés à ses accessoires (sels phosphorescents qu'elle élabore elle-même et applique sur ses costumes) et dispositifs d’éclairage.

À une époque où l’industrialisation commence à éloigner l’homme de la nature et de lui-même, Loïe Fuller utilise la technologie pour créer un univers de rêve qui charme le public, quel que soit son niveau d’instruction.

Elle se maria brièvement au colonel Hayes, un riche agent immobilier (qui était déjà marié à une autre femme) et porta plainte pour bigamie en 1892. Ensuite, elle se tourne exclusivement vers des histoires d'amours féminines, dont la plus longue sera celle avec l'une de ses admiratrices Gabrielle Bloch, qui l'accompagna durant 23 ans jusqu'à la fin de sa vie.

Elle quitte ce monde à la suite d'une pneumonie en 1928, laissant la direction de ses ballets à sa compagne.

Le succès de Loïe Fuller est le fruit d’une grande créativité, d’une intelligence profonde de la scène et d’un travail acharné qui permettent à cette artiste autodidacte de révolutionner la danse et les arts de la scène.